Histoire et architecture de la cour d'appel de Montpellier


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Edifice bicentenaire, l'ancien palais de justice de Montpellier, siège de la cour d'appel, a été érigé sur un site important dans l'histoire montpelliéraine.

Les hautes heures de la justice à Montpellier

A l'emplacement de l'ancien palais de justice, se situait au Moyen-âge la forteresse des Guilhems. Le chevalier Guilhem Ier avait en effet reçu ce fief en 985 de Bernard II, conte de Melgueil, en raison de son dévouement. Sous la dominance des Guilhems, la justice était rendue pour les affaires civiles comme criminelles par un bailli. Ses décisions étaient examinées en appel devant la Cour du seigneur, sise dans l’ancien château fort puis, par la suite, devant la Cour de Bailli.

Deux siècles plus tard, en 1204, le fief de Montpellier passa en dot dans la maison d’Aragon. Les Gouverneurs du Palais, officiers nommés par les rois, déléguèrent également l’administration de la justice au bailli. Par ailleurs, les décisions étaient rendues, en appel, par un tribunal exerçant la justice au nom du prince, à l’exception de certaines sentences qui étaient rendues par les Gouverneurs, eux-mêmes.

Ce n’est qu’en 1349 que Montpellier passa sous la domination des rois de France qui continuèrent de se faire représenter par les Gouverneurs du Palais.

A partir de 1444, les appels des sentences rendues par les anciennes juridictions montpelliéraines étaient examinés par le Parlement de Toulouse, crée en 1443 par un édit royal de Charles VII. En 1577, pendant les guerres de religion, l’ancien château fort, devenu palais des Seigneurs de Montpellier, fût démoli. La place où se tenait cet ancien édifice médiéval, fut abandonnée jusqu’en 1629, date à laquelle la nouvelle Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier s’y installa. Il fallut attendre 1789 pour que les lieux retrouvent leur ancienne vocation de cour de justice. En effet, l’édifice en place fut réparé et restauré pour recevoir le Tribunal révolutionnaire, qui deviendra une Cour impériale en 1811 puis une Cour royale en 1814.

Malgré les réparations entreprises, le bâtiment souffrait d’un état de délabrement avancé, conduisant le gouvernement de l’époque à entreprendre la construction d’un nouveau palais de justice en 1839. C’est finalement l’avant-projet de Charles Abric, architecte du département de l’Hérault, qui sera retenu. Cet édifice, construit au XIXe siècle, abrite aujourd’hui la Cour d’appel mais il n’est plus le siège du tribunal de grande instance, qui se trouve, depuis 1996, dans le nouveau palais de justice, place Pierre Flotte.

Un fleuron de l’architecture néo-classique

La façade principale de la cour d’appel est particulièrement imposante par ses dimensions et les ornements qui la singularisent. Elle est ainsi couronnée d’une fresque du sculpteur Ramus représentant «La Justice protégeant l’innocent et dévoilant le crime ».

Derrière le péristyle d’ordre corinthien, se dressent, sur la droite, la statue de Cambacérès, illustre magistrat montpelliérain et, sur la gauche, celle du cardinal de Fleury, ministre de Louis XV. Le bâtiment central abrite une grande salle d’audience où se tiennent les assises et les audiences solennelles de la cour.

Au premier étage de l’aile gauche, se trouvent deux salles, réservées à la salle d’audience de la première chambre civile et celle de la chambre correctionnelle, avec leurs dépendances. Le rez-de-chaussée est occupé par la bibliothèque et le vestiaire des avocats. Quant à l’aile droite, elle renferme trois salles d’audience. Y sont notamment plaidées les affaires sociales et familiales. Le rez-de-chaussée est, entre autre, occupé par les services de greffe.

L’ancienne maison d’arrêt, construite entre 1833 et 1844, est adossée et reliée au palais de justice. Elle a été classée monument historique peu après sa fermeture en 1990.


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